Guillaume Connesson, compositeur, membre de la Commission de la musique symphonique de la Sacem

Guillaume Connesson, compositeur, membre de la Commission de la musique symphonique de la Sacem

Guillaume Connesson, compositeur, membre de la Commission de la musique symphonique de la Sacem

Membre de la Sacem depuis 1988.
Né en 1970, Guillaume Connesson n’a pas subi les diktats idéologiques et esthétiques qui régissaient encore le travail des artistes de la génération précédente. Sa musique a profité, au contraire, d’influences multiples, sans frontière ni tabou. Avec un mélange de pragmatisme et de naïveté qui sont la marque des grands créateurs, un univers très personnel s’est construit. L’inspiration de Guillaume Connesson a ainsi pu suivre, au fil du temps et d’œuvres d’une grande diversité, “la mosaïque complexe du monde contemporain”, pour reprendre ses propres termes.

Ses premiers pas de compositeur sont guidés par un besoin d’ouverture qui s’exprime par l’influence marquante des musiques populaires, perceptible dans des œuvres comme Night-Club pour orchestre (1996), le Double Quatuor (1994) ou la Disco-Toccata (1994). Cette veine essentiellement rythmique et hédoniste s’est poursuivie jusqu’à la brillante Techno-parade pour flûte, clarinette et piano, composée en 2002. Comme chez les compositeurs répétitifs américains (Reich, Adams) qui eurent également une influence déterminante sur Guillaume Connesson – en témoigne encore son Sextuor de 1998 – l’esprit de la danse irrigue ses partitions. Ses créations sont aussi stimulées par le cinéma avec L’Aurore, en 1998, pour accompagner le film muet de Murnau. Dans ses œuvres orchestrales, Guillaume Connesson cherche à créer des images fortes, propres à impressionner durablement l’auditeur. Il aime cependant les atmosphères changeantes et les mélodies sinueuses qui trouvent leur résolution dans une écriture riche, dense, parfois touffue et pourtant toujours lisible. L’Appel du feu, suite tirée de L’Aurore, Enluminures (1999) ou le Triptyque symphonique (1997-2007) illustrent ce métier d’orchestrateur hors pair, dont les recherches harmoniques sont toujours au service de l’expression. Guillaume Connesson écrit pour des musiciens complices.

Passionné d’opéra, il écrit aussi pour la voix. Liturgies de l’ombre, Le Livre de l’amour et Medea, pour voix de femme, ont vu le jour entre 2000 et 2004 et marquent certainement une inflexion, voire un tournant dans son parcours de compositeur. Ces pages dévoilent un monde plus intérieur, tourmenté, angoissé. Des interrogations nouvelles transparaissent dans de pénétrantes élégies (De L’espérance, sur un poème de Charles Péguy, My Sweat Sister de Lord Byron, dans Le Livre de l’amour et Une lueur dans l’âge sombre).

Ces différentes inspirations sont synthétisées dans l’ambitieuse cantate pour soliste, chœur et orchestre Athanor (2003), saisissante partition haute en couleurs et en émotions, dont le nom est celui que l’on donne au fourneau des alchimistes. Un symbole et même un emblème pour un artiste qui cherche sans cesse à provoquer le miracle, celui qui permettrait à la musique de transformer l’instant en éternité.