Sally Nyolo contre le mariage des enfants

Sally Nyolo contre le mariage des enfants

Sally Nyolo présente sur la grande scène de Musicora 2018 un concert électro-acoustique qui souligne bien le travail développé depuis des années par la chanteuse. Avec son répertoire varié, largement inspiré des rythmes de l’Afrique Centrale, elle fait une belle place au bikutsi polyphonique et polyrythmique, en l’ouvrant au jazz, au reggae et à d’autres musiques du monde. Emporté par son rythme très enlevé et dansant, le public en repart toujours en chantant, ses mélodies solaires en plusieurs langues (fang, français, anglais).

PRESENTATION DE L’ARTISTE

Ex-chanteuse du groupe acapela Zap Mama, Sally Nyolo s’applique tout particulièrement sur le travail vocal, mais porte entièrement son projet artistique. Multi-instrumentriste, auteur-compositeur et productrice, elle commence sa carrière solo en 1996 avec Tribu (Lusafrica) qui reçoit le prix Découverte RFI en 1997. Elle défend dès le début ce rythme endiablé créé par les femmes d’Afrique Centrale qu’est le bikutsi. Elle lui apporte des nuances inattendues à travers les influences de diverses musiques du monde. Son deuxième album Multiculti (Lusafrica/BMG) remporte en 1998 un franc succès à travers le monde, y compris un Prix du Meilleur Artiste Francophone pour son travail sans concessions. Son infatigable exploration musicale alterne les retours aux sources (film Graine de Tonnerre, France3, et album Beti, Lusafrica, 2000, La Nuit à Fébé, Sony, 2011) et les ouvertures à de nouveaux rythmes et collaborations internationales (Zaïone, Lusafrica, 2004; Mémoire du monde, Pias/Cantos, 2007). Cette œuvre solide trouve des formes de reconnaissance aussi diverses que la médaille du Chevalier de l’Ordre et de la Valeur (Cameroun), les Hommages de la Sacem ou des récompenses aux USA Songwriting Competition.
Sally Nyolo sait également mettre son talent au service d’autres artistes ou de collectifs, produisant des musiciens camerounais (Sally Nyolo and the Original Bands of Yaoundé, 2006) et japonais comme Anyango (Teï Molo, 2011), composant ou arrangeant pour des artistes aussi divers que les cinéastes Wayne Wang et Paul Auster (“To my Bay-bay“ avec Zap Mama et Spearhead pour le film Blue in the face), le rappeur Lord Ekomy Ndong, le groupe Tryo ou le guitariste celte Dan Ar Braz. En 2016, elle produit Mvetkora, un album en duo avec le maître guinéen de la kora, Djeli Moussa Diawara, qui explore de façon totalement inédite les cordes et les registres épiques mandingues (kora) et fang (mvet).

PROJET ARTISTIQUE

Recherchant toujours l’excellence des musiciens, elle sait s’entourer des meilleurs, venus du monde entier et de tous horizons musicaux. Son dernier album solo Tiger Run (World Music Network, 2014) compte par exemple avec la collaboration du batteur Paco Séry, du bassiste Sylvin Marc, de l’auteur Boris Bergman, de la jamaïcaine Jennifer Barrett ou de la flûte d’un Carlos Leresche. L’album met en scène une dimension magique, presque mystique, de l’œuvre de Sally Nyolo car : « c’est en scrutant avec les yeux du tigre, en sentant comme lui, que j’ai commencé à entrer dans la réalisation de cet album. C’est de cette manière qu’a pris vie Tiger Run, dans la pure sensation, dans un rapport presque chamanique avec la nature mais aussi avec la ville ». Dans cet album, il y a la présence en filigrane du mvet, fabuleux instrument mi harpe mi cithare qui porte épopées et messages des mortels et des immortels, et que Sally a appris à dompter comme on le fait d’un tigre. C’est de lui qu’elle tire des chansons comme “Tiger Run“, “Kilimanjaro“ ou “Bidjegui”.

Tout au long de sa carrière, elle s’implique personnellement et artistiquement dans la défense de causes sociales et humanitaires. Après avoir milité contre les filières agro-alimentaires malsaines (L’Europe nous plume !) ou contre la dette (Album Drop the debt), elle devient l’égérie du collectif RSE-Afrique avec l’hymne “Kilimanjaro”. Très tôt mobilisée pour le changement des mentalités concernant le statut de la femme, elle devient marraine du magazine Dirigeantes et participe au réseau de femmes leader créé à l’initiative de Christine Lagarde (FMI) qui promeut la parité et l’entrepreneuriat féminin.

En 2016, elle prend à cœur sa nouvelle mission d’Ambassadrice UNICEF contre le mariage des enfants et entreprend une série d’actions. Ses déplacements sur le terrain dans différentes régions d’Afrique Centrale lui ont rendu palpable la détresse des filles mariées avant quinze ans, l’impuissance des enseignants qui les voient systématiquement quitter l’école et se résigner à un destin qu’elles n’ont pas choisi, le danger des grossesses prématurées et la perspective d’une vie tournée exclusivement vers l’espace domestique. Révoltée, elle entonne « quinze ans » — une chanson écrite et chantée avec Nina Morato, Princess Erika et Christine Lidon — lors d’un concert à Yaoundé promu à l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations. En 2017, elle commence à produire un album collectif avec la participation de Guizmo (Tryo), Gari Grèu et Mo-Lo Cicero (Massilia Sound System), Christine Lidon, Joa Touch et Christophe Rosenberg, entre autres. Début 2018, à l’occasion de concerts promus par l’Institut Français du Cameroun, elle se lance dans une vaste campagne de presse et articule différentes tables-rondes sur le sujet. Parallèlement, elle entame la création de la comédie musicale Zayèné, une résidence artistique en Afrique, rendue possible grâce notamment aux partenariats avec le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille et l’Ambassade de France au Cameroun. Après les premières représentations en Afrique, prévues fin 2018, la pièce a vocation a circuler à l’international. Car loin d’être un drame africain, le mariage précoce touche chaque année plus de 17 millions d’enfants à travers le monde dans des pays aussi différents que l’Inde, la Turquie ou les Etats-Unis d’Amérique.

PROGRAMME DU CONCERT

Le programme présenté par Sally Nyolo à Musicora 2018 est composé de ses tubes « TamTam », « Shana » et « Semengue », de chansons de l’album Tiger Run, et en avant-première quelques extraits de la comédie musicale en préparation, contre le mariage des enfants.

  • Tam tam (Sally Nyolo, Sylvin Marc)
  • Shana (Sally Nyolo)
  • Semengue  (Sally Nyolo)
  • Songuisseto  (Sally Nyolo)
  • Ngalibeng  (Sally Nyolo)
  • Owé  (Sally Nyolo)
  • Ibandouma (Sally Nyolo)
  • Toi et moi (Sally Nyolo, FloW)
  • Medjok (Sally Nyolo/Sylvin Marc, Sally Nyolo)
  • Le faiseur de pluie par tous les temps (Boris Bergman, Sally Nyolo)
  • Kilimanjaro (Sally Nyolo)
  • Encore une fois (Christine Lidon, Sally Nyolo)
  • Tradition (Guizmo, Sally Nyolo)
  • Ma koguelane ewo (Sally Nyolo)

Concert présenté par :

Association Akaman – Management & Production
Président : Vassili RIVRON

Informations pratiques :

  • Date / Heure : Samedi 2 juin, 16h15 à 17h00
  • Lieu : Grande Scène
  • Proposé par : SCPP