Ayumi Nakagawa joue les partitas de 1718 de Christoph Graupner

Ayumi Nakagawa joue les partitas de 1718 de Christoph Graupner

Christoph Graupner fait partie des musiciens allemands éclipsés par ses illustres contemporains : Bach, Haendel et Telemann. Ce compositeur, célèbre à son époque, est l’auteur d’un œuvre imposant qui mérite d’être davantage connu et joué. Il a composé plus de 1400 cantates, 113 symphonies, 86 ouvertures en forme de suites, auxquelles il faut ajouter 36 sonates pour divers ensembles et près de 50 partitas pour clavier.
Élève de Johann Kuhnau dont il est également le copiste, il se trouve à Leipzig en même temps que Telemann, son ainé d’à peine deux ans, qui déploie une activité fébrile dans la ville de 1701 à 1705 et avec qui il noue une longue amitié.
il devient ensuite claveciniste de l’Opéra de Hambourg (Theater am Gänsemarkt) où il croise Haendel, violoniste de l’orchestre et bien sûr Johann Mattheson, qui le présentera à Ernst Ludwig, landgrave de Hesse-Darmstadt, qui engage le musicien comme Kapellmeister en 1709 en raison de sa compétence pour l’opéra. À la période d’apogée de la Hofkapelle de 1714 à 1718, Graupner dirige là un orchestre de 40 musiciens. L’essentiel de son activité est alors consacré à l’opéra où les œuvres italiennes sont à la mode. Il est également responsable de la musique de chambre et d’église, de la composition de la musique pour la cour, de l’accompagnement au clavier. Après 1719, les difficultés financières imposent au prince la réduction de son orchestre et les compositions de Graupner se concentrent alors sur les cantates religieuses et profanes.
En 1722-23, c’est probablement cette baisse d’activité musicale à la cour de Darmstadt qui conduit le compositeur à se présenter au poste de cantor de Saint-Thomas de Leipzig, que la mort de Johann Kuhnau a laissé vacant. Graupner apparait alors comme le candidat idéal pour le consistoire de Leipzig : ancien élève de la Thomasschule et de l’université, il est précédé d’une belle réputation de compositeur. Mais alors que Leipzig est prêt à l’engager, le landgrave de Darmstadt refuse de le laisser partir et augmente le salaire et les avantages de son Kapellmeister pour le garder auprès de lui. Ainsi, à regret, les autorités de la ville recruteront Jean-Sébastien Bach par défaut : « Lorsqu’on ne peut pas avoir les meilleurs, il faut se contenter des médiocres » (le Dr. Platz au Conseil de Leipzig) !
Graupner continuera sa carrière à Darmstadt, attirant de nombreux élèves, continuant à composer de nouvelles œuvres et à copier de nombreuses pièces de ses collègues. Certaines pièces de Telemann, et de Heinichen, entre autres, sont conservées grâce à la copie soigneuse du maître. Dans son « Der vollkommene Capellmeister » (1739) Mattheson rapporte que les partitions de Graupner « sont si belles que l’on peut les comparer à de la gravure ».
À partir de 1754, les activités du musicien se réduisent car il perd progressivement la vue jusqu’à devenir aveugle. Il meurt à Darmstadt en 1760. Ses œuvres et ses copies sont conservées dans la bibliothèque de cette ville.
Malgré un œuvre très important qui témoigne de son intense activité auprès du landgrave de Darmstadt, lui-même musicien amateur, Graupner ne publiera que trois recueils : 8 Partien pour clavier en 1718, les Monatliche Clavier Früchte en 1722, qui comptent une partita pour chaque mois de l’année, et en 1733 quatre partitas sur les Quatre Saisons dont une seule nous est parvenue. Il publie également un recueil de chorals à la manière de la tablature de Weimar de Pachelbel : le Choralbuch de 1728.

Les Partitas de 1718

Les 8 Partien, que Graupner grave lui-même et publie en 1718, sont destinées, selon sa préface, « ni aux virtuoses accomplis, ni aux simples débutants, mais plutôt aux amateurs recherchant quelque variété dans leur pratique du clavier... elles satisferont tant le débutant que le plus habile ».
Toutes les suites (Partien) sont traditionnellement construites autour des principales danses : allemande, courante française ou italienne et sarabande. Elles se terminent souvent par une gigue (plus élaborée), une fois par une longue chaconne.
Les Partitas de 1718 sont éditées à la Sinfonie d'Orphée par Dominique Ferran.
Claveciniste japonaise, elle s'installe en France en 2007 et complète sa formation musicale au sein des Conservatoires de Toulouse et Rennes. Elle obtient son Master de clavecin avec mention « Très Bien » au Centre d’Etudes Supérieures de Musique et de Danse du Poitou-Charentes dans la classe de Pascal Dubreuil. Elle poursuit actuellement le cursus de chef de chant (baroque) au Conservatoire de Paris avec Stéphane Fuget.
Elle participe à de nombreuses académies et festivals  - le festival « Baroquez-vous ! » à Rennes, le festival de Saintes, « Passe ton Bach » à Toulouse, l’Académie de La Réole, l’Académie de musique baroque de Lanvellec, le festival du Périgord Noir -  et se produit régulièrement en concerts aussi bien comme continuiste que comme soliste.
Chef de chant, Ayumi assure le continuo dans l' opéra « Les Paladins » de J. P. Rameau dirigé par Stéphane Fuget au Japon septembre en 2017.
Elle approfondit également ses connaissances par la rencontre de personnalités comme Pierre Hantaï, Noëlle Spieth, Frédéric Michel, Jean Tubéry, Olivier Schneebeli, Yvon Repérent, Irène Assayag, Ketil Haugsand.
Elle retourne régulièrement au Japon faire des concerts de musique de chambre et des récitals de clavecin.

Interprète :

Ayumi Nakagawa, clavecin

Programme du concert :

Graupner – Partitas de 1718

Concert présenté par :

Laurent Guillo

Autres événements prévus autour du concert :

Rencontre avec Laurent Guillo et Ayumi Nakagawa

Informations pratiques :

  • Date / Heure : Vendredi 1er juin, 14h00 à 14h45
  • Lieu : Auditorium Boris Vian
  • Proposé par : La Sinfonie d'Orphée